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Mai 2012 - Récit de l'expédition Dans les Kichatnas Mountains

 

 

 

Salut à toi ! Avec les gars de l'Equipe Nationale d'Alpinisme FFME nous venons de boucler trois années d'alpinisme à Mach balle. Toujours sur le fil de l'Alpinisme nous avons parcouru la montagne trois années durant entre apprentissage de l'alpinisme de haute couture, passion, bonne partie de rigolades, tragédie, déception, joie, bonheur. C'était de bons moments de vie tout simplement… Pour ces trois années vécues avec passion je tiens à remercier tous les gens qui nous ont suivis et aidés tout au long de ce parcours. Toi qui a suivi notre chemin, les membres de la FFME pour leur soutien à l'alpinisme et aux équipes alpinisme, Pierre Henri Paillasson DTN à la Fédé, Antoine Pécher coordinateur et CTN à la Fédé, Philippe Batoux Professeur à l'ENSA délègué à l'encadrement de l'ENAM , Dimitri Munoz alpiniste du GMHM délégué à l'encadrement de l'ENAM, Olivier Bernade, trop vite parti, pour les quelques ascensions partagées, un grand salut à sa famille . La marque de corde Béal, la marque de matériel d'alpinisme Made in Chamonix Blue Ice . Les amis de l'équipe, Jonathan Crison, Thomas Vialletet, Olivier François, Sebastien Brugalla, Tristan Knoertzer, Zsolt Osztian.     

 

Ces années de grimpe, on n' est pas près de les oublier! Pour clôturer en beauté ce grand carnaval d'ascensions nous sommes partis en Alaska découvrir le joyau du parc du Dénali, la chaîne des Kichatnas. C'était la première expédition Française dans ce massif reculé du parc du Dénali. Es tu prêt à voyager? Suis nous dans cette aventure. Let's Go!

L'encadrement technique de l'ENAM

L'alaska, en résumé ça a été un mois durant; attendre, préparer, grimper, attendre, encore attendre, manger, grimper, toujours et encore refaire le monde, brasser et disserter sur nos vies alors que le mauvais temps rugit en dehors la tente.
 

 Neuf gars sur un glacier au bout de 20 jours ça sent mauvais, ça a les cheveux gras , c'est barbu et ça raconte des blagues peu compréhensibles pour les gens restés socialement intégrés. Ces garçons là, des fois, ils s'interrogent aussi si leurs amours tiennent encore à eux ou bien si elles ont succombé aux charmes d'un Don Juan local qui leur aurait promis monts et merveilles pendant l'absence de l'alpiniste trop bête pour partir grimper à l'autre bout du monde 6 jours sur 30 . A ce jeu là, seuls les plus doués arriveront à conserver leur girl tant aimée. Les autres continuent leur chemin de bataille entre montagnes et amours d'un soir. Une chose est sûre, en Alaska on n' y rencontre pas les Canons Parisiens, chaussures à pointes, talons surélevés, cheveux lissés, sveltes, maquillage débordant et les mollets bien épilés, le tout bien apprêté. J'exagère un peu mais en Alaska on rencontre plutôt des demoiselles avides de “into the wild”, bercées par la pêche, la chasse, les pick up, les skidoo, les grizzly, les orignaux, les 5 heures de jour en plein hiver, le froid, la neige, et les grands espaces à perte de vue.

 

L'Alaska, c'est aussi des américains le coeur sur la main, exilés des autres états. Certains sont là par choix, pour vivre la grande aventure into the wild, je les nommerai les beatniks. D'autres sont pauvres, tels les indiens d'Amérique du grand nord errant ivres dans le centre ville d' Anchorage à la recherche de leur terres perdues, ceux-ci je les nommerai les esquimaux, de nombreux lieux tels que les montagnes et rivières ont des noms aux résonnances indiennes. On y rencontre aussi Des pauvres peaux blanches, vestiges de anciennes exploitations minières et perdus dans des villages au fin fond du pays façon délivrance, je les nommerai les consanguins, excusez moi pour la dénomination. On y rencontre aussi de nombreux marines. L'Alaska, c'était une base avancée pour faire péter des missiles contre la Russie en temps de guerre froide, aujourd'hui contre la Corée du Nord, vous ferez leur rencontre entre deux services dans un haut lieu du streap tease regorgeant de filles dénudées, le “bush” à Anchorage. L'Alaska, c'est aussi des exilés le temps de quelques mois ou années pour le travail et de gros salaires assurés pour y cumuler un gros capital avant de partir pour Hawaï, la Californie, ou d'autres destinations…. Il y a en effet pas mal de pétrole dans le grand nord, mais aussi des postes d'infirmière à 8000 dollars par mois car personne ne veut venir travailler là haut. J'en viens à me demander si ça ne serait pas une terre d'exil? Du monde y vit et c'est déjà pas mal car là bas c'est le territoire des animaux, les humains vivent chez dame nature et c'est vraiment canon !

 

 

 

Nous sommes le 3 avril 2012 à Anchorage. Avec Olivier et Thomas nous foulons pour la première fois le sol d'Alaska apres un Paris- Philadelphie-Phoenix-Anchorage éprouvant. L'avion pour Anchorage me fait penser que l'on s'approche de l'Alaska et des pétés de neige d'Amérique du nord dont on entend tant parler dans les films de ski. Cet avion était rempli d'americains au style marqué et si particulier des riders américains que l'on peut voir dans les vidéos de freeride tel le dernier buzz en la matière “attack of la nina, the bitch is back”.

  

En éffet ces skieurs là ont le sourire colgate, habillés soit d'un slim ou d'un baggy, les cheveux longs, casquette plate, ou bonnet capote de la dernière marque en vogue, chemise de trappeurs, mal rasés, moustache à la hulk cogan, je n'ai aucun doute que ces types sont en partance pour de l'héliski à Valdez ou des trips backcountry en skidoo avec des skis extra fat.

Il est une heure du matin. Je mets le nez au dehors de l'aeroport, la neige et le froid sont bien là. On nous dit que cette année est exceptionnelle en neige. “too much snow this year” disent- ils excedés. Là je me dis que l'on est bien arrivé dans un lieu hors du commun. Les collègues ont eu un jour de retard, ils ont raté la jonction pour Anchorage, et en ont profité pour faire une pause piscine en Arizona dans un hôtel confortable.

L'équipe à Anchorage au super marché.

 

 Au supermarché, on peut se procurer ce type de jouet pour la modique somme de 200 dollars, ça peut toujours servir à chasser les ours ! :-)

 

Ou ceux là pour 1000 dollars, pour faire la guerre? 

 

 

 

Les courses pour 9 alpinistes et 20 jours en montagne !!

 

 

On the road pour Talkeetna

 

 

Entre notre départ de France et l'arrivée à Talkeena, il s'écoulera cinq jours. A talkeetna il neige, et les conditions sont défavorables pour déposer une équipe de 9 sur un glacier. Les kichatnas mountains sont réputées pour le mauvais temps qui y règne, ça fait frémir. Le héros local Paul Roderick, très bon pilote d'avion, de talkeetna air taxi est hésitant. Il ne prendra pas le risque de tanquer son avion dans la neige pour une bande d'alpinistes désireux de grimper.

Voici le type d'avion qui nous a transportés sur le glacier de Tatina.

 

 

Paul Roderick est un challenger , il a déjà aidé des cordées en perdition sur les glaciers d'Alaska croulant sous la neige et sans nourriture. Il a aussi participé à des sauvetages, il manie son art avec excellence.Il attend les bonnes conditions. L'équipe attend à Talkeetna et grossit à vue d'oeil entre fat breakfast, fat burger, coca cola ingurgités à longueur de journée. C'est aussi le moment d'une soirée dans le très chaleureux bar fairview inn . Tous les samedis soirs il y a des concerts live avec les locaux. Le public peut même s'attribuer la scène le temps d'une chanson aux airs de Bob Dylan, Johnny cash… Tous le public danse sur les chansons rock qui bercent le bar.

Une soirée mémorable.

 

 

Talkeetna, c'est tout petit et au bout de trois jours, nous avons déjà identifié tous les locaux. La bande de frenchies n'a pas bonne réputation dans tous les lieux fréquentés, notamment au West Rib où dès le premier soir, pendant des parties de billard, nous nous sommes faits remarquer, un coup dans le nez avez deux pintes de Ice Axe 9° ingurgitées. Autre exemple, un parc Ranger du Parc office vint demander à Antoine pourquoi il avait pris le topo de la bibliothèque. Le livre appartenait à Antoine… Le bar/restaurant le plus sympa du village que je conseille de fréquenter reste le Twister Creek.

Les deux rues de Talkeetna

 

 

Des frenchies errant dans les rues en attendant que l'avion décolle.

 

 

Le 9 avril, l'avion décolle pour le Tatina Glacier. Le ciel est bleu et juste pas un mot, nous découvrons les montagnes du Dénali et leur immensité. Il est diffcile de décrire la chose. C'est grandiose! L'avion survole des territtoires vierges de population. Les rivières sont gelées, et à perte de vue nous voyons des plaines et des montagnes. Les glacier sont XXL, cela n'a rien à voir avec les glaciers des alpes. Le vol a duré une heure. Pour donner une notion de grandeur lorsque vous êtes à Sallanche et que vous observez le Mont Blanc depuis la vallée. Vous trouvez ça grand? Lorsque l'on est dans l'avion et que l'on voit le Dénali culminant à 6194m c'est juste encore plus grand et plus impressionnant!

 

Le massif du Dénali gigantesque !

 

 

Les rivières glacées.

 

 

Sur le glacier, nous découvrons des montagnes sacrémént enneigées et notre chambre d'hotel pour 20 jours durant. Un hôtel très luxueux sûrement à la valeur inestimable. Peu de personnes accepteraient de passer 20 jours ici et pourtant on aurait pu rester facilement 20 jours de plus. Il y a tant de montagnes à gravir, et le lieu est tellement beau. Loin des élections présidentielles 2012 qui tourmentent la société française entre les pro sarkozystes et les Hollandais, notre quotidien sera 20 jours durant,de grimper, faire gaffe à ne pas se faire mal, manger, déneiger. Le mot sera vivre tout simplement pour une passion qui nous a menés, 9 gars, 30 jours à l'autre bout du monde. Je crois que peu de français ont la chance de vivre des moments comme cela et sacrifier autant de temps dans une année pour 6 jours de grimpe effective. Après les 2 mois que j'ai passés sur la côte ouest des Etats Unis à grimper en ocobre-novembre dernier, je passe un mois sur un glacier en Alaska. Pour 7 mois de vie écoulée, déjà 3 mois de voyage, cherchez le problème…. Les voyages comme ceux là, ça enivre, déstabilise et désocialise le pratiquant. Autour de lui, la seule chose qui fait sens et structure l'alpiniste durant ces expéditions est l'activité qu'il fait. Les retours à la réalité sociale sont souvent très durs. Il faut se remettre dans les rails et c'est souvent accompagné d'un malaise quand je rentre de périple. Au cours de cette expédition, nous avons réalisé de nombreuses ascensions et je n'arriverai pas à toutes les décrire notamment celles des copains. Je ne suis pas bien placé pour relater leurs ascensions car je ne les ai pas vécues. Je mentionnerai les voies et pics gravis.

Notre camp de Base pour 20 jours, elle est pas belle la vie ?

 

Les cordées seront les suivantes au cours de l'expédition: Philippe Batoux, Sebastien Brugalla et Thomas Vialletet. Antoine Pecher, Olivier François et jonathan Crison. Dimiti Munoz, Zsolt Osztian et moi. Le premier jour Nous partons repérer les faces tandis que la cordée de Philippe part pour tenter d'ouvrir une ligne sur les fin plaquages de neige sur la face nord du Flattop. À la rimaye, sous un fort vent et un Brugi crachant ses poumons, ils redescendront. Avec Dimitri, Zsolt, Olivier et Antoine nous repérons le glacier de Tatina et les ascensions possibles : Mont Jeffers, Mont Nevermore, Mont Neveragain, Flattop, Tripple Peak, Tatina Spire…. Jonathan est resté au camp de base à cause de la maladie…

Les repérages.

 

Ascensions autour du Tatina Glacier

 

 

 

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